HistoireS de SavoiE - Numéro 17
Éd(h)istorial
Actualité d'aujourd'hui : le Code pénal de la République française prévoit trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour sanctionner le vol (article 311-3) ; les peines se voient portées à la réclusion criminelle à perpétuité et 150.000 € si le forfait est précédé, accompagné ou suivi soit de violences ayant entraîné la mort, soit de tortures ou d'actes de barbarie (art. 311-10). Actualité d'hier : le Code pénal de l'Empire français —le second comme le premier, ceux de Napoléon III et de son oncle paternel Napoléon Ier— stipule que seront punis de la peine de mort les individus coupables de vols commis avec la réunion de cinq circonstances aggravantes (art. 381). Julien Pianasso, natif des États de Savoie (Comtat de Nice, 1er octobre 1837), échappa d'une touffe de cheveux à la guillotine, trois de ces cinq circonstances n'ayant pu être "réunies" lors de l'instruction qu'avait menée le juge François Charmot, du tribunal de première instance de Thonon. Pianasso, accusé notamment d'avoir volé une comtesse russe descendue avec ses serviteurs dans une annexe de l'Hôtel de France à Évian-les-Bains, écopa dix ans de travaux forcés devant la cour d'assises de la Haute-Savoie siégeant à Annecy le 6 décembre 1866. Ses dénégations furent regardées telle une « série [de] mensonges […] imaginés soit pour cacher ses antécédents […], soit pour expliquer autrement que par l'aveu d'un vol la possession des objets soustraits à madame de Tolstoï » le 17 juin 1866. Julien n'en expirera pas moins sans avoir recouvré la liberté.
Actualité d'aujourd'hui : décembre 2023, après que le Parlement a adopté le projet de loi pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, Assan Lakehoul, secrétaire général du Mouvement Jeunes communistes de France, fulmine contre un texte qui « dégrader[ait] l'accueil pour dissuader les personnes migrantes de venir en France » et « enfoncer[ait] des êtres humains dans l'extrême pauvreté et dans une précarité administrative aux conséquences désastreuses », alors même que « les données statistiques et démographiques sur l'immigration sont loin des fantasmes alimentés par l'extrême droite, repris en chœur par la droite et le gouvernement ». Actualité d'hier : avril 1946, le communiste Marius Patinaud, sous-secrétaire d'État auprès de son camarade Ambroise Croizat, un ministre du Travail et de la Sécurité sociale de naissance savoyarde (à Notre-Dame-de-Briançon), martèle que, s'agissant de « l'immigration, il ne saurait être question pour l'instant d'un afflux massif, la France n'étant pas en mesure de loger et de nourrir des familles non productives » ; concomitamment, le quotidien régional Les Allobroges de Grenoble, compagnon de route du PCF, consacre une grande enquête à l'immigration clandestine italienne, ballottant entre suspicion et commisération à l'égard d'hommes, de femmes et d'enfants qui franchissent au péril de leur vie les cols enneigés de Maurienne et Tarentaise afin d'atteindre le centre établi à Montmélian par l'Office national d'immigration.
Actualité d'hier : fin décembre 2018 paraît le 1er numéro d'HistoireS de SavoiE. Actualité d'aujourd'hui : début 2024, voici le 17e opus du Magazine d'actualités d'hier et d'aujourd'hui. Un lustre s'est écoulé. Contre vents des hausses de matières premières (papier, encre) et marrées des augmentations d'énergies (électricité, carburant).
Patrick-Alain Bertoni
Directeur de la publication
Responsable de la rédaction
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